Invictus.

Publié le par Harmmakis Nox

S’est déroulée du 18 septembre au 31 octobre 2015, la huitième édition de la Coupe du monde de rugby à XV.

Elle a vu la belle performance du Japon.

Les Japonais sont néanmoins éliminés, mais qualifiés pour la prochaine Coupe du monde.

Mais c’est la Nouvelle-Zélande, les fameux All Blacks, qui remporte la compétition après leur victoire finale sur l’Australie (34-17).

La Nouvelle-Zélande devient la première équipe triple championne du monde ! La première, également, à conserver un titre !

A été diffusé avant la fin de cette Coupe du monde le long métrage Invictus.

L’occasion est de revenir sur ce film qui traite de la réconciliation dans l’Afrique du Sud post-apartheid à travers la Coupe du monde de rugby à XV 1995 organisée dans le pays de Nelson Mandela.

Cette Coupe du monde commence le 25 mai 1995 et se termine le 24 juin de la même année.

Avant la finale, la Nouvelle-Zélande part favorite.

En effet, elle écrase ses adversaires.

Dans la poule C, lors de son premier match, les All Blacks dominent l’Irlande sur le score de 43 à 19.

Quatre jours plus tard, ils battent nettement le pays de Galles (34-9).

Lors de son dernier match de poule, les All Blacks réalisent un festival. Ils infligent au Japon une sévère défaite (145-17).

Le quart de finale contre l’Ecosse est plus serré (48-30), mais ils assurent l’essentiel.

Lors de la demi-finale contre l’Angleterre (45-29), le joueur néo-zélandais Jonah Lomu se distingue en marquant quatre essais. Lomu devient la star de la Coupe du monde de rugby à XV 1995.

Invictus.

Le film Invictus, réalisé par l’Américain Clint Eastwood en 2009, lui, montre la montée en puissance de l’équipe sud-africaine de rugby, les Springboks, encouragée par le président noir Nelson Mandela.

Ce dernier est incarné à l’écran par l’acteur américain Morgan Freeman.

Le capitaine des Springboks se nomme François Pienaar. Il a également son importance dans le film.

Il est joué par l’acteur américain Matt Damon.

Le film commence le 11 février 1990, date de sortie de prison de Mandela et montre le fossé qui sépare les Noirs des Blancs en Afrique du Sud.

En effet tout au début d’Invictus, on voit des jeunes blancs jouant au rugby. En face ce sont des jeunes noirs qui jouent au football. Les sportifs sont séparés par une route.

L’apartheid prend fin en juin 1991.

« Madiba », surnom que donnent les partisans de Nelson Mandela, est élu en 1994. C’est le premier président noir d’Afrique du Sud. Son parti politique est l’ANC (Congrès national africain). Il succède au président Frederik de Klerk.

L’apartheid était une politique de ségrégation raciale en Afrique du Sud où les individus n’avaient pas les mêmes droits politiques, sociaux et économiques selon leur appartenance ethnique.

Le pays était classé par quatre groupes raciaux hiérarchiquement distincts (les Blancs, les Indiens, les Métis, les Noirs).

Les Blancs étaient privilégiés avec notamment les Afrikaners (descendants principalement d’immigrants néerlandais, mais aussi de français, d’allemands, de scandinaves parlant la langue afrikaans) qui imposaient l’apartheid.

Les Noirs étaient en bas de l’échelle. La majorité noire était opprimée par la minorité blanche.

Néanmoins, Mandela, homme de paix, tend la main aux employés qui ont travaillé avec le gouvernement précédent (celui de l’apartheid) pour continuer le chemin avec eux.

« Le passé est le passé, nous regardons vers l’avenir maintenant » dit-il.

Mandela impose également à ses gardes du corps noirs inquiets et revanchards des coéquipiers blancs : « la nation arc-en-ciel commence là, la réconciliation commence là … le pardon aussi commence là. »

Les tensions sont palpables entre gardes du corps puis au fil du film elles diminuent.

Dans la première partie du film, on voit les Springboks battus par l’Angleterre en match amical sur le score de 32 à 15, le 4 juin 1994 à Pretoria en Afrique du sud (un an avant la Coupe du monde).

Mandela assiste au match, certains spectateurs l’applaudissent, mais d’autres le sifflent.

D’ailleurs dans le stade cohabitent des drapeaux de l’ancienne et de la nouvelle Afrique du Sud.

Le président Nelson Mandela fait un constat à sa conseillère sur la division du pays à travers le rugby : « tous les Blancs encouragent les Springboks, tous les Noirs (très peu nombreux dans l’enceinte sportive) l’Angleterre. »

L’équipe sud-africaine de rugby, composée quasi exclusivement de Blancs, symbolise l’apartheid.

Il n’en demeure pas moins que l’Afrique du Sud n’est pas prête pour la Coupe du monde.

Mandela, contre le vote premier des membres du conseil national sportif sud-africain impose sa proposition qui est de maintenir les Springboks, leur nom, leur emblème, leurs couleurs.

Pourquoi fait-il cela ?

Il fait part de son expérience personnelle.

Alors qu’il était emprisonné (d’une durée de 27 ans) à Robben Island, la totalité de ses geôliers était afrikaner.

Mandela affirme qu’il faut connaître son ennemi pour triompher de lui :

« J’ai appris leur langue, leurs livres… nous avons triomphé. »

« Aujourd’hui notre ennemi n’est plus afrikaner, ils sont nos compatriotes sud-africains dans une démocratie et ils chérissent les Springboks, si nous leur enlevons ça, nous les perdons. »

A travers le rugby, Mandela veut maintenir la cohésion du pays.

Sa conseillère souligne les problèmes du pays tels le logement, la nourriture, l’emploi, le crime, la monnaie, il rétorque qu’il souhaite apaiser la minorité afrikaner car elle contrôle l’armée, la police, l’économie.

Mandela qui se veut le président de tous les Sud-Africains, « j’ai une très grande famille, 42 millions », invite et rencontre le capitaine des Springboks François Pienaar dans le bureau de la présidence.

Le président lui dit de trouver l’inspiration pour gagner la Coupe du monde.

Mandela l’a trouvée dans le poème Invictus alors qu’il était emprisonné sur Robben Island.

Mandela qui déclare « une équipe, un pays », propose à Pienaar de faire découvrir aux habitants pauvres et noirs des townships (sortes de bidonvilles situés en périphérie des villes) le rugby et l’équipe des Springboks.

Pienaar accepte et dit à ses coéquipiers « vous savez les temps changent et nous aussi nous devons changer. »

C’est le souhait de la réconciliation malgré les réticences premières de la part de certains joueurs.

Mandela remet le poème Invictus au capitaine Pienaar pour encourager l’équipe sud-africaine.

Les Springboks visitent la cellule minuscule et la prison de Nelson Mandela à Robben Island. C’est un geste fort.

Les paroles du poème résonnent « je suis le maître de mon destin, je suis le capitaine de mon âme. »

De plus, Mandela salue les joueurs de rugby sud-africains la veille de leur premier match de Coupe du monde contre l’Australie et l’équipe de son pays lui remet une casquette de supporters.

Il assiste au match contre l’Australie.

Selon les experts, l’Afrique du Sud ira en quarts de finale et pas au-delà.

Lors de la Coupe du monde, l’Afrique du Sud dans la poule A remporte ses trois matchs mais sur des scores peu sévères (27 à 18 contre l’Australie, 21 à 8 contre la Roumanie et 20 à 0 contre le Canada).

Après sa victoire facile en quarts de finale contre les Samoa où Chester Williams, seul joueur noir des Springboks est de retour après un claquage (42 à 14) et serrée contre la France en demi-finale (19 à 15), l’Afrique du Sud accède à la finale et va défier les redoutables All Blacks.

Le président Mandela assiste au match, salue tous les joueurs. La rencontre se déroule à l’Ellis Park Stadium de Johannesbourg devant 63 000 spectateurs.

Les supporters blancs et noirs, au stade, devant leur télévision ou écoutant la radio, fêtent la victoire de l’Afrique du Sud contre la Nouvelle-Zélande (15 à 12).

Le président Mandela remet la Coupe au capitaine Pienaar.

Invictus.

Par contre ce que ne dévoile pas le film et qui fut révélé plus tard, c’est que la moitié de l’équipe néo-zélandaise a été victime d’une intoxication alimentaire deux jours avant la finale.

Certains témoignages parlent même d’un empoisonnement.

La Nouvelle-Zélande aurait-elle gagné cette Coupe du monde en d’autres circonstances ?

Il fallait que l’Afrique du Sud gagne. C’était politique. Cela a permis au pays de tourner une page douloureuse de son histoire...

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